Monday, 13 July 2020

This article in Le Monde advances summarily some of the arguments we have outlined here many times about the deleterious effects of tourism although it leaves out the most important one about de-industrialization and passivity. Use Google translate if you must.

Tourisme : « La crise a mis en évidence la fragilité d’une économie dépendante de l’hypermobilité »

Tribune. Le tourisme est devenu l’un des secteurs productifs les plus concernés par la crise socio-économique résultant de l’entrée en scène du Covid-19. Le secteur s’est retrouvé dans une impasse soudaine en raison des restrictions à la mobilité imposées à plusieurs niveaux afin de limiter l’expansion du virus. Dans ce contexte, ce sont notamment les économies dont le tourisme occupe une part privilégiée du PIB qui souffrent de manière accentuée des effets néfastes de la chute d’activité.
A titre d’illustration, le dernier rapport intitulé « Perspectives économiques » publié par l’OCDE cite la forte dépendance au tourisme en tant que principale raison pour comprendre la fragilité de l’Espagne ou encore de l’Italie face au nouveau paysage économique qui se dessine sous nos yeux.
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Toutefois, ces deux pays ne symbolisent que la face visible d’une réalité répandue partout dans le sud de l’Europe. Depuis une vingtaine d’années, les pays du bassin méditerranéen ont connu une forte progression du tourisme, qui est devenu un moteur fondamental de leur croissance. Au cours de la dernière décennie, l’essor du tourisme a atteint même des territoires jusqu’alors méconnus du public international.

Augmentation des loyers

La région de Saint-Sébastien, au Pays basque, représente un cas d’école en matière de croissance effrénée de l’activité touristique. Grâce à la stratégie d’internationalisation suivie par les autorités locales, Saint-Sébastien s’est positionnée comme l’épicentre du tourisme sur tout l’arc atlantique sud-européen. A cet égard, le nombre de visiteurs étrangers, dont notamment des Etats-uniens et des Français, ne cesse d’augmenter chaque année.
L’apparition des activités liées au tourisme dans la ville s’est multipliée pendant ces dernières années, mettant le secteur au premier rang de l’économie locale par rapport aux principaux indicateurs économiques. Ainsi, la ville fait l’objet d’une spécialisation accrue dans le domaine du tourisme. Toutefois, ce phénomène a entraîné toute une série de répercussions profondes, qui ont redessiné la nature même de la ville.
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Parmi les conséquences les plus évidentes figurent : l’augmentation des loyers à la suite de la prolifération des appartements touristiques ; la hausse des prix à la consommation liée au pouvoir d’achat plus élevé des touristes ; la disparition progressive des commerces de proximité et leur remplacement par des établissements à caractère touristique ; ou encore les nuisances inhérentes au secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

Perte démographique des quartiers centraux

Ces inconvénients sont en outre aggravés par des processus moins visibles et pourtant absolument fondamentaux comme : la perte démographique des quartiers centraux à la suite du déplacement de la population vers des périphéries plus abordables ; le démantèlement des relations sociales de proximité ; le dépérissement des dynamiques propres à chaque quartier et de leur identité intrinsèque ; ou la marchandisation des valeurs culturelles et patrimoniales, parmi lesquelles la gastronomie, les expressions artistiques traditionnelles et contemporaines, ou les bâtiments de caractère.
Le bilan présenté témoigne donc de la faiblesse d’un modèle de ville axé sur la monoactivité touristique comme principal levier de développement. Le pari touristique a certes rapporté des recettes au profit de certains groupes de bénéficiaires sur le court terme. Néanmoins, la crise actuelle a mis en évidence la fragilité d’une économie aussi dépendante des entrées extérieures ainsi que de l’hypermobilité globale.
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La fermeture parfois définitive des entreprises, les licenciements et la hausse du chômage se sont succédé à un rythme vertigineux au fil des derniers mois, donnant un coup de grâce à un secteur déjà marqué par sa fragilité en ce qui concerne la création de la valeur ajoutée et la précarité des emplois qu’elle engendre.

Favoriser la décroissance touristique

En tout cas, cet enjeu n’est pas unique à Saint-Sébastien, mais plutôt partagé par plusieurs territoires du sud de l’Europe. La situation actuelle de détresse peut s’avérer un moment propice pour réfléchir au chemin de spécialisation économique emprunté par de nombreuses villes ces dernières années. C’est l’occasion idéale pour favoriser la mise en œuvre des nouvelles stratégies de développement moins tributaires des aléas globaux et plus focalisées sur les besoins et les atouts propres à chaque territoire.
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Ainsi, dans les régions à forte dépendance au tourisme, l’émancipation économique et sociale pourrait d’abord passer par l’adoption des mesures favorisant la décroissance touristique. Par exemple, cela vaudrait la peine d’essayer d’appliquer des mesures qui ont eu des répercussions positives dans des villes comme Barcelone, Paris ou Amsterdam, où les pouvoirs publics locaux ont déjà mis en place des mécanismes dans le but de diminuer la pression exercée par l’activité touristique sur le logement.
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A plus grande échelle, les effets immédiats de la crise ont mis en exergue les lacunes des économies en quête de la croissance à tout prix, tout en relevant le besoin de mettre l’accent sur des priorités socio-environnementales de plus grande ampleur. De même, la crise a accentué l’importance et l’efficience des liens de proximité ainsi que de la solidarité collective pour répondre aux situations d’urgence. Il est donc à présent temps de concentrer les efforts de développement sur le renforcement des alternatives socio-économiques plus localisées, portant sur la transition écologique et l’innovation sociale comme vecteurs réels de changement.
Mikel Agirre Maskariano est géographe et membre de la plate-forme de riverains Bizilagunekin.

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