Monday, 19 October 2020

WE MUST DECAPITATE ISLAMISM!

 

Ne plus mourir d’enseigner

Place de la République, à Paris, le 18 octobre 2020. Rassemblement pour défendre la liberté d'expression, après l’assassinat d’un enseignant d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
Place de la République, à Paris, le 18 octobre 2020. Rassemblement pour défendre la liberté d'expression, après l’assassinat d’un enseignant d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Laurence Geai Pour "Le Monde"

Editorial du « Monde ». Les multiples rassemblements autour de la mémoire de Samuel Paty, l’enseignant assassiné de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), étaient nécessaires, comme sera indispensable l’hommage national au professeur d’histoire-géographie. Elus et simples citoyens se devaient de donner une expression collective à l’émotion intense qui frappe le pays depuis trois jours, de témoigner de leur soutien aux personnels de l’éducation nationale. Même si l’on est très loin des mobilisations de 2015, il fallait marquer dans la rue et dans le calme ce moment terrible où l’école, pierre angulaire de notre République, devient à son tour la cible de fanatiques qui prétendent imposer une idéologie totalitaire au nom d’une conception dévoyée et d’une pratique sectaire de la religion musulmane.

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Un professeur a été assassiné parce qu’il enseignait la liberté d’expression à des élèves de 13 ans. On tremble en écrivant ces mots qui sonnent comme la relation d’un drame survenu dans un pays lointain ou à une époque révolue. Cela s’est passé en France vendredi dernier, le 16 octobre. Comment en est-on arrivé là ? La question ne peut pas et ne doit pas être évacuée. La réponse tient sans doute dans une somme de petits renoncements et de regards détournés sur les entorses aux règles qui permettent de vivre ensemble et que, dans ce pays, on nomme la laïcité. Des principes qui, loin d’empêcher la pratique d’une foi quelle qu’elle soit ou de brimer les croyants, ont été façonnés au fil des siècles pour permettre la cohabitation de toutes les confessions, de toutes les formes d’agnosticisme et d’athéisme.

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La société française tout entière ne peut plus se cacher cette réalité. L’école de la République est au cœur du projet méthodique des islamistes, précisément parce qu’elle œuvre à la construction de ce qu’ils considèrent comme inacceptable : une société où tous les enfants vivront en bonne intelligence, où l’islam sera respecté à l’instar des autres religions et cohabitera en paix avec la République.

Danger mortel

Parce qu’ils se situent en première ligne dans la transmission du précieux héritage de cette laïcité, parce qu’ils ont l’énorme responsabilité de former des citoyens dotés d’un libre arbitre, les enseignants vivent régulièrement des agressions (refus de certains cours, contestation de certains contenus d’enseignement, etc.) souvent alimentées par une propagande qui cherche à éroder les fondements de la vie collective, à remettre en cause la méthode et les acquis de la science et à imposer insidieusement l’idée selon laquelle les musulmans auraient une revanche à prendre sur l’Occident.

Il a fallu des années pour que l’institution scolaire accepte de regarder en face la difficulté voire l’impossibilité d’aborder dans certaines classes la Shoah, les travaux de Darwin ou d’emmener des filles à la piscine. La tragédie de Conflans ne permet plus de douter du danger mortel que constituent toutes ces manifestations d’islamisme.

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Avant de payer de sa vie son ardeur à transmettre la notion de tolérance, Samuel Paty a enduré, seul, un calvaire qui concentre bien des maux, bien des dérives de notre époque. Il a fait l’objet d’une chasse à l’homme sur les réseaux sociaux, il s’est retrouvé harcelé, menacé, traqué, jusqu’à ce qu’une brute fanatique convertisse cette haine en un assassinat monstrueux. Aucun professeur ne doit plus être livré à lui-même face à l’hydre du mensonge et du lynchage virtuel. Il faut cesser de croire que les conflits liés à la vie scolaire peuvent encore se traiter seulement entre les murs des établissements, alors qu’ils ne cessent d’être déformés, amplifiés par des moyens numériques. L’éducation nationale doit tirer les conséquences de ces nouvelles réalités et cesser d’envoyer au front des hussards esseulés et démunis.

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Sur tous ces points, des mesures ne manqueront pas d’être prises. Mais, au-delà, ce qui doit évoluer, c’est la considération que porte le pays tout entier à l’une de ses professions majeures de la première ligne – après la prise de conscience de l’héroïsme des soignants face au Covid-19. La nation, et chacun de ses citoyens, doit de nouveau faire corps avec ses « profs », les soutenir au lieu de les fragiliser, les défendre au lieu de les critiquer, afin de garantir qu’en France nul ne mourra plus jamais d’enseigner.

Le Monde

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