Commentary on Political Economy

Monday 4 March 2024

 

Après les funérailles de Navalny, rester ferme face au durcissement du Kremlin

Les autorités n’avaient pourtant ménagé aucun effort pour éviter que ces funérailles puissent donner lieu à un rassemblement, depuis les difficultés rencontrées par la mère d’Alexeï Navalny, mort en détention à 47 ans, le 16 février, pour récupérer son corps, jusqu’à l’impossibilité de trouver une salle à Moscou où son cercueil aurait pu être veillé. Si ses parents étaient là, sa veuve, ses deux enfants et son frère, contraints à l’exil, n’ont pas pu participer aux obsèques. La cérémonie religieuse a été réduite au minimum.

La foule, dans sa majorité, n’a pu accéder ni à l’église ni au cimetière. L’important, pour ces simples citoyens, était de manifester par leur présence leur solidarité avec le militant démocrate victime d’une politique de répression d’une intensité que la Russie n’a pas connue depuis longtemps. Les slogans qui ont fusé, « Non à la guerre », « Poutine, assassin », « La Russie sera libre », n’ont laissé planer aucun mystère quant à leur opinion sur ce régime.

Beaucoup plus nombreux – plus de deux cent mille – ont été ceux qui se sont connectés à la chaîne YouTube de l’organisation de Navalny pour suivre le déroulement des obsèques. L’effet de la répression est incontestable : aux obsèques d’opposants assassinés, la taille de la foule, seule forme de manifestation encore possible, est de plus en plus réduite. Mais, en dépit de tous ses efforts, Vladimir Poutine ne parvient pas non plus à faire disparaître la dissidence.

Aucun signe d’ouverture

Le maître du Kremlin est pourtant allé jusqu’à prendre le soin d’éliminer une candidature pourtant inoffensive à l’élection présidentielle, celle de Boris Nadejdine, qui avait réussi à rassembler plus de cent mille signatures sur son opposition à la guerre en Ukraine. A deux semaines de sa réélection quasi certaine pour un cinquième mandat à la tête de la Russie, sur laquelle il règne depuis un quart de siècle, M. Poutine multiplie les signes de durcissement.

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Cette affirmation de son pouvoir et de sa rigidité est tout aussi notable dans sa politique extérieure. Le discours sur l’état de la nation que le chef de l’Etat russe a prononcé jeudi 29 février lui a donné l’occasion de répéter que la Russie était sur le chemin de la victoire en Ukraine. Pour lui, l’issue de cette guerre à grande échelle, qu’il mène avec difficulté, de sa propre initiative, depuis deux ans, et pour laquelle il a dû mobiliser l’ensemble de l’industrie russe, ne peut être que militaire. Malgré ses déclarations en faveur d’un « dialogue » avec les Etats-Unis, Moscou ne donne aucun signe d’ouverture sur des négociations possibles. Ses objectifs de guerre n’ont pas changé : au-delà d’une prétendue « dénazification » qui tient du fantasme, il s’agit de la conquête pure et simple de l’Ukraine, dont il nie l’existence en tant qu’Etat.

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