Commentary on Political Economy

Tuesday 21 May 2024

WESTERN LEADERS ARE UTTER DASTARDLY BASTARD TRAITORS WHO DESERVE THE GUILLOTINE

 

L’Ukraine sous la menace d’un nouveau front

Bombardements russes sur des positions de l’armée ukrainienne, près de la forêt de Serebriansky, dans les environs de Lyman (Ukraine), au Donbass, le 4 mai 2024.
Bombardements russes sur des positions de l’armée ukrainienne, près de la forêt de Serebriansky, dans les environs de Lyman (Ukraine), au Donbass, le 4 mai 2024. LAURENT VAN DER STOCKT

Volodymyr Zelensky se veut rassurant. « Nous gardons le contrôle partout », a déclaré le président ukrainien dans un message vidéo diffusé lundi 20 mai à l’issue d’un entretien avec son état-major. Il n’empêche, l’inquiétude persiste dans le camp occidental après que la Russie a ouvert un nouveau front dans le nord-est de l’Ukraine. Depuis qu’elles ont franchi, le 10 mai, la frontière séparant les deux pays, les forces russes ont conquis un peu plus de 150 km2 de territoire dans la région de Kharkiv. En dix jours, une dizaine de villages et hameaux ont été pris et plus de 14 000 habitants ont dû être éloignés de la zone des combats, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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Pour les analystes occidentaux, cette ouverture d’un nouveau front a été mûrement réfléchie par le Kremlin. Depuis des mois, les Russes piétinent dans le Donbass. En un an, les seules villes significatives conquises par les forces de Moscou ont été Bakhmout, en mai 2023, et Avdiïvka, en février, au prix de lourdes pertes à chaque fois. Or le président russe, Vladimir Poutine, a fait de la conquête totale du Donbass, partiellement occupé depuis 2014, son principal but de guerre depuis l’échec de l’« opération militaire spéciale » qui devait permettre de mettre la main sur l’Ukraine en quelques semaines.

En ouvrant un nouveau front au nord de l’Ukraine, les Russes font le pari que les Ukrainiens, épuisés par plus de deux ans de guerre, n’auront pas les capacités de tenir leurs positions dans toute la zone d’affrontement, longue de quelque 1 000 km. « En traversant la frontière à cet endroit, les Russes étirent la ligne de combat et obligent les Ukrainiens à faire des transferts latéraux de troupes, ce qui peut fragiliser leurs positions ailleurs, dans l’est ou le sud du pays », explique Thibault Fouillet, directeur scientifique de l’Institut d’études de stratégie et de défense.

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De fait, la conquête de Kharkiv, deuxième ville la plus peuplée d’Ukraine (elle comptait 1,4 million d’habitants avant la guerre), semble hors de portée des Russes, même si leurs unités les plus avancées se trouvent à seulement 30 km de la cité. « Mais ce n’est pas leur objectif. Ce que les Russes veulent, c’est contraindre les Ukrainiens à déplacer dans la région leurs meilleures brigades mécanisées, celles qui tiennent le front dans le Donbass », explique Stéphane Audrand, consultant en risques internationaux et officier de réserve, qui voit dans cette tactique « une leçon » pour l’armée française : « Les Russes montrent qu’aligner des conscrits mal formés avec de mauvaises armes peut suffire pour obtenir une avancée. La masse compte ! »

Le territoire russe, un « sanctuaire » de facto

Plus inquiétant, l’armée ukrainienne alerte depuis plusieurs jours sur le regroupement de nouvelles troupes ennemies plus au nord, dans la région de Soumy. Selon des sources militaires citées par le cercle de réflexion américain Institute for the Study of War (ISW), Moscou aurait déjà accumulé entre 9 000 et 10 000 hommes de l’autre côté de la frontière. « Les Russes concentrent des forces limitées, en sous-effectif et incohérentes dans la direction de Soumy, mais même un tel regroupement sera en mesure d’attirer et de fixer les forces ukrainiennes dans la zone frontalière », met en garde l’ISW.

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La menace est d’autant plus sérieuse que les Ukrainiens affirment ne pas pouvoir frapper ces regroupements derrière leur frontière. Les drones kamikazes ne sont pas efficaces contre des cibles mobiles et les drones FPV (First Person View) pilotés à distance n’ont pas un rayon d’action suffisant. Les missiles et bombes planantes fournies par les Occidentaux permettraient bien d’atteindre les troupes de Moscou, mais Kiev à l’interdiction de les utiliser pour bombarder le sol russe. Une politique qui crée de facto un « sanctuaire » à partir duquel les Russes peuvent préparer leurs attaques sans être inquiétés, a plusieurs fois dénoncé Volodymyr Zelensky ces derniers jours.

Le ministre des affaires étrangères britannique, David Cameron, s’est dit ouvert à une levée de l’interdiction occidentale lors d’un déplacement à Kiev, le 3 mai, et plusieurs dirigeants baltes ont plaidé pour laisser les Ukrainiens utiliser les armes qui leur sont fournies pour se défendre, y compris contre le territoire russe. Mais cette inflexion se heurte pour le moment au veto de Washington. « Nous nous attendons à ce que [les Ukrainiens] continuent à utiliser les armes que nous leur avons fournies sur des cibles à l’intérieur de l’Ukraine », a redit le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, lundi 20 mai. Interrogé, le ministère français des armées indique rester lui aussi sur la même position.

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A défaut d’obtenir ce feu vert, les Ukrainiens espèrent convaincre leurs alliés, au moins dans un premier temps, d’utiliser leurs armes depuis leurs propres territoires. « Il n’y a aucun argument légal, sécuritaire ou moral qui empêcherait nos partenaires d’abattre les missiles russes au-dessus du territoire de l’Ukraine à partir de leur territoire », a déclaré le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmitro Kuleba, lors d’une visite de son homologue allemande, Annalena Baerbock, à Kiev mardi. Mais si cette avancée permettrait de sécuriser l’ouest de l’Ukraine, elle ne changerait pas grand-chose aux combats qui se déroulent plus à l’est : le Donbass se trouve à plus de 1 000 km de la frontière polonaise.

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