Commentary on Political Economy

Tuesday, 26 January 2021

 

« Entre la Chine et le Pakistan, la “route de la soie” est devenue un corridor de la dette »

Pivot des « nouvelles routes de la soie », les projets de méga-infrastructures reliant la Chine à l’océan indien patinent, observe Julien Bouissou, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 08h04   Temps deLecture 3 min.

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Chronique. Le corridor économique sino-pakistanais qui s’étend du Xinjiang à la mer d’Arabie s’enlise dans les sables mouvants de la dette. Il est pourtant le projet-phare des « nouvelles routes de la soie » (en anglais, Belt and Road Initiative, BRI), ce grand plan destiné à relier l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, via de nouvelles infrastructures financées par Pékin.

En avril 2015, le président chinois, Xi Jinping, s’était déplacé à Islamabad pour lancer officiellement les travaux de construction du corridor, avec pas moins de 51 accords signés. « Notre amitié est plus haute que les montagnes, plus profonde que les océans et plus douce que le miel », s’était alors réjoui le dirigeant pakistanais, Nawaz Sharif.

Depuis, les relations entre les deux pays se sont légèrement refroidies. La réunion du Joint Cooperation Committee (JCC), qui valide les grands projets du corridor, a été retardée à plusieurs reprises à la fin de l’année 2020, puis reportée à une date non définie. En cause : des désaccords sur le financement de la modernisation d’une ligne de chemin de fer reliant Peshawar à Karachi en passant par Lahore, selon les informations du quotidien pakistanais Dawn. Vingt-cinq milliards de dollars ont été dépensés jusqu’à présent pour la construction du corridor, sur les 62 milliards prévus pour l’ensemble du projet.

« Le Pakistan n’a plus les moyens de s’offrir de gigantesques infrastructures »

En proie à une crise de la dette, le Pakistan n’a plus les moyens de s’offrir de gigantesques infrastructures. 

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