Wednesday, 23 December 2020

 

Franck Riester : « Nous n’avons pas obtenu d’engagements suffisants de la Chine sur l’abolition du travail forcé »

Paris ne soutiendra pas l’accord négocié par l’UE sans évolution de Pékin sur le travail forcé des Ouïgours.

Propos recueillis par 

Publié aujourd’hui à 11h32, mis à jour à 11h59 

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Franck Riester, en octobre 2019, à Paris.

La France refuse de soutenir l’accord sur les investissements en cours de négociation entre l’Union européenne et la Chine, dont la signature était attendue d’ici à la fin de l’année, si Pékin ne ratifie pas la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) interdisant le travail forcé.

Franck Riester, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, affirme que les accords commerciaux servent de « levier pour faire avancer les sujets sociaux ». Un rapport publié le 15 décembre estime que 570 000 membres de la minorité musulmane des Ouïgours ont été enrôlés dans un programme coercitif de ramassage du coton au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

L’Union européenne négocie depuis 2013 un accord sur les investissements avec la Chine. Que contient-il et à quelles conditions la France le soutiendra-t-elle ?

Cet accord sera un pas significatif vers le rééquilibrage de nos relations d’investissements avec la Chine. Il offre d’abord à nos entreprises et à nos investisseurs un meilleur accès au marché chinois, en leur ouvrant certains secteurs comme ceux de l’informatique, des télécommunications ou des transports. Il leur garantit également des règles de concurrence plus équitables et loyales. Le sujet de la protection des investissements ne sera pas tranché dans l’accord, or il est important de mettre à l’abri nos entreprises des risques de nationalisation soudaine. Nous voulons donc une clause dite de « rendez-vous » où l’UE et la Chine s’engagent à boucler les négociations sur ce sujet d’ici deux ans.

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